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Pourquoi sont-ils si nuls ?

Le rapporteur général de la conférence nationale, le professeur Albert Tévoédjrè en février 1990 prophétisait sans s’en rendre compte que :  » Le jour qui passe est passé, l’heure qui sonne est sonnée, demain seul reste et les après-demain. Nous avons assez perdu du temps dans ce pays, nous avons perdu  beaucoup du  temps dans ce pays. Mais nous venons depuis hier de gagner un siècle, celui qui vient. Or ce siècle lui-même peut encore nous échapper si nous manquons  de vigilance et d’audace.  » ; Aujourd’hui, la classe politique est sur le banc des accusés.
Les politiques béninois ont manqué d’audace et de vigilance. La conséquence est immédiate : Boni Yayi est venu au pouvoir en 2006 et a réalisé le chaos, pardon le K-O. électoral. Le Bénin a-t-il progressé sur le plan démocratique ? A l’aune de ce qui se fait, on est tenté de s’acheter des mouchoirs pour essuyer les larmes de nostalgie du temps jadis où une opposition parlementaire nourrissait le défi de réussir de Nicéphore Soglo alors Premier Ministre  de la transition.
La classe politique a manqué de vigilance en se faisant distraire dans le processus de réalisation de la Lépi. Profitant de la vulnérabilité de conviction politique des membres désignés au sein de la commission de supervision de la Lépi,  le régime a récupéré le dispositif au profit de son objectif spécifique. La victoire contestée du président-candidat en est l’illustration.  La classe politique n’a pas seulement manqué de vigilance. Elle a mis la raison en  berne. L’intelligence dans l’akassa. Seul le ventre est le coefficient directeur de ses prises de positions. L’état de déconfiture de nos institutions est plus qu’alarmant. La justice peut être appréciée en la déclaration de l’ex Garde des sceaux. La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication fait de gros yeux doux à l’exécutif et suspend des émissions sur plainte du chef du gouvernement. Le juge constitutionnel rend des décisions qu’on peine à retrouver dans une revue scientifique.  Le conseil économique et social est un havre d’oisiveté dont l’impact sur le social est incolore, inodore et sans saveur.  Les choix politiques du régime de Boni Yayi sont-ils éclairés par la lucidité ? Chaque peuple secrète sa classe politique. La nôtre  est gangrenée par des vieillards qui refusent de mourir et sont là à perpétuer et promouvoir les intrigues des années 60.
Le siècle qui s’est annoncé sous des auspices de gloire  nous a échappé. Les régimes du changement et de la refondation sont le binôme  de la gouvernance à problèmes. Les scandales se succèdent à telle enseigne qu’on est tenté de croire que la corruption  danse  de la samba au pays. Les concours de recrutement constituent des occasions de corruption crapuleuse. Le tribalisme et le régionalisme nocifs sont érigés en système d’avancement au mérite. Le banditisme politique est devenu un championnat national. Le capitalisme a gagné tous les esprits. Piteuse République.  Nous avons reculé en matière de morale et d’éthique.
Ça va mal. Il faut réinventer le loyalisme républicain.

Herbert Houngnibo

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