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INTERVIEW : Rencontre avec Luna Meg future Superstar Camerounaise.

 

« Chacun sait bien que la pénombre jamais ne découragea la curiosité populaire » disait Mongo Béti. C’est ainsi que la curiosité me fit découvrir Bonamoussadi ; un quartier résidentiel relativement excentré au cœur de la ville de Douala au Cameroun ; à la rencontre de Maguy. Elle répondit à toutes mes questions avec franchise et générosité ; ceci après la sortie de son nouveau hit « Commando ».

Je m’appelle Luna Meg de mon vrai nom Ndoga Ngue Maguy. D’aussi loin que je me souviens, j’ai l’impression d’avoir toujours chanté. Je fais de la world music avec des connotations d’afrobeat ; grâce à l’influence des meilleurs artistes de RnB de mon époque. Mon parcours n’a pas été de tout repos car ma mère ne voulait pas me voir faire de la musique. Mais un évènement viendra tout changer en 2012 durant une cérémonie publique, où après une interprétation de ‘’Someone like you’’ de Adèle, le public fut conquis par ma prestation, ce qui l’influença et me permit de recevoir définitivement son approbation afin de continuer dans ma lancée. S’enchainèrent alors les concours extrascolaires, puis une expérience de courte durée dans un groupe durant laquelle la chanson ‘’Highschool’’ sera enregistrée. La même année, je participais à un concours organisé par les brasseries du Cameroun, dès ce moment l’envie de chanter devins manifeste pour moi. Encouragée, par ma maman je fis un premier enregistrement solo en 2015. Un vrai test grandeur nature. Entretemps elle était devenue mon coach et va me présenter à Guy de TCHATCH, les choses vont se construire tout doucement jusqu’à l’enregistrement des titres ‘’plus jamais’’ et de ‘’Regrets’’.

Bruce Koladé : Où en êtes-vous sur le chemin qui va de la composition à la production de disques ou celui de la scène ?

Luna Meg : Je suis prête pour la scène car j’ai longtemps travaillé les compositions.

Bruce Koladé : Qu’est-ce qui est le plus gratifiant dans votre pratique de la musique ? Et le plus décevant?
Luna Meg : Au-delà du fait que j’aime ce que je fais, ma plus grande satisfaction c’est le plaisir de ceux qui m’écoutent. Le plus décevant c’est quand le travail effectué n’est pas à la hauteur de l’effet attendu, malgré les efforts fournis.

Bruce Koladé : Quel est votre rêve d’artiste ? Qu’est-ce qui le rend difficile à réaliser ?

Luna Meg : Mon rêve d’artiste c’est d’être la Number One dans ce que je fais. Ce qui le rend difficile c’est que non seulement ce n’est pas facile d’être toujours au top, mais ajouté à cela, le fait que je sois une femme qui fait qu’il faut travailler deux fois plus. On te voit d’abord comme une femme avant de voir l’artiste que tu es.

Bruce Koladé : Vous sentez-vous isolée, ou pensez-vous qu’il existe suffisamment de structures pour vous permettre de vous exprimer ?

Luna Meg : Non je ne me sens pas isolée ; car j’ai le soutien de ma famille, de mes collègues et celui de mes amis. Pour ce qui est des structures, je viens d’arriver dans le show-business, et pour le moment je n’ai pas d’avis.

Bruce Koladé : Pensez-vous que les musiciens ont un rôle social à jouer dans votre pays ?

Luna Meg : Bien sûr que oui. Les textes des musiciens généralement reflètent les maux de la société ; en ce sens un musicien qui a de l’influence peut provoquer un changement radical ; en plus d’emmener les gens à s’identifier à lui. Je crois que pour plusieurs artistes et la majorité des gens, ce rôle reste plutôt vague. Ils le limitent au côté économique de la fonction, aux loisirs et au divertissement. Pour les politiciens, il semble être davantage un outil de propagande ou de séduction qu’il faut bien contrôler. On reçoit un dirigeant étranger ? Et hop ! Une petite troupe de danse par ici, un grand spectacle de musique par là. Pourtant, sa véritable mission est tout autre. Selon le philosophe Jean-Paul Sartre, son but est de « proposer au spectateur à travers son art un portrait de la société, de sa réalité, afin que celle-ci puisse développer une conscience de sa propre condition et des multiples réalités de son environnement… », ainsi, la société est amenée à se remettre en question, à revoir ses pris pour acquis ; chaque artiste est une éponge qui s’imbibe de son environnement.

Bruce Koladé : L’artiste avec lequel/laquelle vous rêvez de faire un duo ?

Luna Meg : Beaucoup d’artistes sont des références aujourd’hui avec qui je rêve de travailler. Notamment la diva Angélique Kidjo, Fally Ipupa, Wizkid, Sidiki Diabaté, Yemi Alade, Charlotte Dipanda, Andy Jemea, et bien d’autres.

Bruce Koladé : Trois chansons que vous écoutez en boucle en ce moment ?

Luna Meg :
– Ayo de Andy Jemea ft Dino Flo
– Yemi Alade ft Angélique Kidjo
– Luna Meg Commando

Bruce Koladé : Trois mots qui vous inspirent, et expliquez pourquoi ?

Luna Meg : Projet – plaisir – travail
Je suis entraînée par la vision que j’ai de ma vie d’artiste. Mon ambition impose du travail, beaucoup de travail car seul, le talent ne suffit pas pour édifier un projet. Heureusement que j’aime ce que je fais, et m’investir dans la chanson est un plaisir.

Bruce Koladé : Et maintenant, carte blanche : si vous avez une réponse à une question que je n’ai pas posé et qui vous semble importante, allez-y plus un mot de fin pour vos fans.

Luna Meg : Merci à tous ceux qui me suivent depuis le début et qui m’ont donné la force pour franchir le pas. Sachez que chaque mot, chaque chanson représente un peu de vous et de moi. Rendez-vous sur mes pages Facebook et YouTube Luna Meg.

Avec le cœur ensemble nous ferons la route.

 

Bruce Koladé Anderson

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